Eté 1940. Un des quartiers de la ville éternelle.
Un jeune journaliste de trente-trois ans, Giacomo Perretti,
était arrêté par les squadristi
du Duce alors qu’il prenait un café à la terrasse d’une trattoria. Giacomo avait commis l’erreur de rédiger un article qui avait profondément déplu à Mussolini. Le journaliste osait critiquer l’entrée en guerre des plus tardives de l’Italie contre la France alors que celle-ci n’avait nullement besoin de ce nouveau coup de poignard tandis que les régiments de la Wehrmacht défilaient sur ses routes comme si elles étaient à la parade. Cette entrée signifiait que le dictateur escomptait pouvoir dépecer le pays sans risquer grand-chose…

du Duce alors qu’il prenait un café à la terrasse d’une trattoria. Giacomo avait commis l’erreur de rédiger un article qui avait profondément déplu à Mussolini. Le journaliste osait critiquer l’entrée en guerre des plus tardives de l’Italie contre la France alors que celle-ci n’avait nullement besoin de ce nouveau coup de poignard tandis que les régiments de la Wehrmacht défilaient sur ses routes comme si elles étaient à la parade. Cette entrée signifiait que le dictateur escomptait pouvoir dépecer le pays sans risquer grand-chose…
Bien sûr, Giacomo avait usé d’abondants et judicieux
sous-entendus dans sa rédaction mais la censure n’avait pas été dupe.
Perretti allait donc passer toutes les années de guerre ou
presque dans les geôles romaines. Il n’en sortirait libre en juin 1944 que par
l’intervention américaine lorsque les Alliés délivreraient Rome.
*****
6 Septembre 1993.
Une fois encore, l’agent temporel Michaël Xidrù avait été
convoqué par le Président Drangston, conseillé par son âme damnée Gregory
Williamson.
L’homme du futur avait choisi de se rendre à cette aimable
invitation afin de s’amuser un peu.
Dans l’un des bureaux secrets de la CIA, à Washington, le
Président, avec à ses côtés son général en chef des forces américaines, donnait
ses ultimes directives aux techniciens chargés d’analyser les paroles, les
sensations et les émotions supposées être ressenties par l’homme du futur. Dès
que ce dernier ferait mine de résister aux pressions de Drangston, les
ingénieurs mettraient en marche un appareil inhibiteur capable de paralyser
l’agent temporel.
Tout ceci était bien beau. Le Président et ses scientifiques
n’avaient oublié qu’une seule chose et de taille : Michaël pouvait
modifier à loisir tous les paramètres le concernant puisqu’il anticipait les
pensées de ces Homo Sapiens. Autre élément qui faisait défaut aux
Américains : ils n’avaient pas reçu l’aide directe du Commandeur Suprême
du Temps…

Un peu plus tard, Michaël Xidrù et Malcolm Drangston étaient
en grande conversation, le Président tentant de convaincre son interlocuteur.
Tout en écoutant le chef de l’Etat, l’agent temporel balançait son pied droit,
chaussé de convers, et observait le décor conventionnel du bureau d’un air
blasé.
- Je vais me montrer direct, monsieur Xidrù, lançait Malcolm
d’un ton déterminé.
- Cela change de votre part, Malcolm.
- Inutile de biaiser avec vous. Cela fait la deuxième fois
que nous nous voyons.
- Miracle ! Vous savez donc compter jusqu’à deux !
Persifla l’homme du futur.
- Je n’ai pas besoin de subir une autre humiliation de votre
part.
- Oh ! Je comprends très bien.
- Je dois avoir le libre accès au module temporel. Je dois
pouvoir l’utiliser.
- Encore cette demande ? Mais vous avez des idées
fixes, Malcolm…
- Ne m’objectez pas que nous tentons depuis des mois d’en
fabriquer au moins un exemplaire…
- Vous avez fait mieux, ce me semble… Un commando est parti
pour le passé, non ? En 1934…
- Euh… Comment le savez-vous ?
- Vous voulez rire ? Vous y pensez fortement en cette
seconde… vous êtes si obnubilé par ce qui a pu advenir de ces hommes que vous
ne parvenez pas à enfouir cette idée qui vous tracasse au fin fond de vous-même…
bon, je vais tout de même faire preuve de charité… vos hommes ne sont pas
revenus ? Eh bien, cela signifie qu’ils ont échoué, Malcolm…
- Oui, bon, j’en conviens… le commando n’est pas revenu
parce qu’il a connu un échec… technique sans aucun doute…
- Vous êtes tout à fait libre d’y croire, Président…
- Donc, mes ingénieurs connaissent encore des problèmes de
mise au point… surtout du côté de l’ordinateur principal, celui qui supervise
tout.
- Des erreurs d’entrées des données ? Comme c’est
déplorable !
- Non… Une capacité insuffisante… Nous aurions besoin, mes
techniciens et moi d’avoir à notre disposition une véritable IA… un ordinateur
quantique, quoi !
- Oh ! Oh ! Vous voulez donc brûler les
étapes ? Mais c’est dangereux, ça, ironisa Michaël tout en continuant son
balancement du pied, ce qui avait pour résultat d’agacer Malcolm Drangston et
encore plus Williamson qui, pour l’instant, avait décidé de ne pas se mêler à
cet échange.
- Je vais bientôt avoir sur les bras une guerre…
- A qui la faute ?
- Or, cette guerre, j’ai décidé de la gagner. Au nom de la
civilisation, au nom des valeurs morales que mon pays défend depuis ses
origines… enfin au nom de la Liberté !
- Comme c’est bien envoyé… c’est que vous y croyez à votre
logorrhée ! Par le Grand Ordonnateur ! Cessez… Vous allez me faire
mourir de rire…
- Monsieur Xidrù, nous avons là une conversation sérieuse…
du moins en ce qui me concerne…
- Au nom de la Civilisation… dites-vous… de la Liberté… Mais
vous parlez de guerre, vous essayez de nouvelles armes… je ne vois pas en quoi
il s’agit de civilisation… vous ne valez pas mieux que vos ennemis, les Russes…

- Hum… Pour vous, nous ne sommes que de sots animaux, vous
me l’avez fait comprendre lors de notre première entrevue. A peine plus évolués
que des singes.
- Les grands primates sont innocents, eux.
- Je ne veux pas discuter de ce point avec vous… j’y
perdrais mon temps.
- C’est ce que vous êtes en train de faire, Malcolm.
- Je sais que je représente le bon droit. Comprenez que si
je disposais enfin d’un translateur réellement opérationnel, je pourrais y
monter un système semblable sur tous les avions et missiles de mon armée…
alors, un seul de mes Pershing 8 pourrait détruire une centaine au moins des SS
22 adverses, des missiles disséminés sur une vaste étendue… et ce coup fumant
serait réalisé en pas même trois secondes…
- Ah ! La Guerre du Temps… Bravo ! Mais quelle
ineptie !
- Pourquoi ? Qui me dit que les Soviétiques, de leur
côté, ne disposent pas d’un translateur ?
- C’est en effet une possibilité, admit Michaël.
- Vous voyez ?
- Ce que je vois surtout, c’est votre incommensurable
bêtise. Cela fait déjà huit mois que je vis à votre époque, Malcolm… ce que j’y
ai vu et vois tous les jours me fait douter sans cesse davantage de la capacité
de l’Homo Sapiens à envisager le Monde dans sa complexité. Il n’a toujours pas
compris que, s’il détruisait sa maison, la Terre, il ne disposait d’aucun
refuge de secours…recourir à la Guerre nucléaire mâtinée de celle du Temps
reviendrait non seulement à se suicider mais à ravager définitivement la
planète… jamais son écosystème ne pourrait repartir… pis que la Terre boule de
glace, phénomène déjà survenu plusieurs fois… que vous vous tuiez, soit, mais
que vous entraîniez dans votre destruction toute la flore et toute la faune, ça
non !
- Monsieur Xidrù ! Seriez-vous un de ces
écolo-terroristes ?
- Malcolm, ce que je cherche à vous dire c’est que les
Etats-Unis, en déclenchant cette guerre temporelle, porteraient à jamais la
responsabilité de la destruction de la planète bleue… quant aux Soviétiques, je
ne leur fais pas même l’honneur de leur parler…
- Ah ? Vous estimez donc que, malgré tous vos propos,
nous leur sommes supérieurs ?
- Pas du tout. Les Etats-Unis sont semblables à une bâtisse
envahie par la vermine, aux murs lézardés, prêts à s’écrouler… en face, la
situation est pis encore. Vous représentez le modèle libéral, qui fait fi de la
pauvreté et n’a cure d’accentuer les inégalités. Les Russes se veulent les
chantres du progrès, du modèle communiste. Ils ont été jusqu’à réhabiliter
Staline, ce dictateur aux bras trempés dans le sang. Face à face, deux modèles
antagonistes, le modèle capitaliste libéral, le modèle communiste peu soucieux
de respecter les libertés fondamentales, celles de l’individu tout d’abord. Deux
impérialismes qui s’affrontent… or, tous deux sont condamnés à disparaître à
brève échéance…
- A cause du conflit qui s’annonce ?
- A cause de la propension de l’humanité à s’autodétruire… Malcolm,
vous êtes, pardonnez-moi, un imbécile malhonnête… Diubinov, lui, une crapule
des plus rusées. Et cerise sur le gâteau, derrière vous deux, se cache un
troisième larron à la solde d’une puissance terrible…
- Je ne comprends pas ce que vous sous-entendez.
- Pourtant, vous le devriez… vous apportez votre confiance à
des hommes qui ne la méritent pas… pour commencer, je citerai votre général en
chef, Gregory Williamson…
- Fils de pute, gronda le général.
- Tss… Tss… nierez-vous que vous ne rêvez que carnages,
massacres ? Vous prenez votre pied lorsque vous tuez ou commandez les
tueries. Vous estimez que les pays du Tiers-Monde doivent disparaître car vous
ne supportez pas leur existence, les percevant comme des cancers rongeant votre
Occident blanc, chrétien et supérieur.
- Blanc-bec ! Prends garde à ta peau !
- Vous ne comprenez ni la misère ni la faim. Vous ne
reconnaissez comme valeur que la puissance… le pouvoir de détruire ou d’écraser
ceux que vous estimez inférieurs. Vous représentez la quintessence du mal…
- Salopard ! Je vais te faire taire dès maintenant.
- Vous n’en ferez rien, Gregory. Vous n’en êtes pas capable…
- Tu vas voir…
- C’est tout vu… Votre arme a… disparu. Je l’ai expédiée
sous les Australopithèques robustus…
- Que…
- Bien sûr, vous n’avez rien vu… or, ce n’est là qu’un
aperçu de ce que je puis faire… mais revenons au cœur de notre conversation,
monsieur le Président. Pourquoi laissez-vous le commandement de vos armées
entre les mains de ce triste sire ?
- Michaël, vous n’avez que le mépris à la bouche. Vous ne
nous êtes pas tant supérieur, vous savez, avança Drangston.
- Je tente de me corriger de ce défaut… bref… Vous
représentez le passé… je suis ici pour vous empêcher d’aller trop loin… afin de
permettre à la planète d’avoir une opportunité de poursuivre son existence avec
un écosystème viable… d’ici quelques milliers d’années…
- Autrement dit, il ne va pas de votre intérêt qu’il y ait
un vainqueur quelconque, émit Malcolm.
- En effet. Splendide ! Vous saisissez. Sachez qu’au
terme de ce conflit, il n’y aura en fait ni vainqueur ni vaincu, sauf des
nations souffrantes, ravagées, des individus dont il faudra prendre soin… des
Etats si affaiblis qu’ils seront tout à fait incapables de se protéger des
coups de colère de la Nature… Aucun Super Grand…

- Comment cela ?
- Pourquoi devrais-je m’étendre à décrire ce qui, pour moi,
appartient à un passé lointain ? Que tout ceci est ennuyeux !
Michaël s’interrompit et fronça les sourcils.
- Je capte des bruits étranges derrière moi, Malcolm… Vous
avez remis le coup ? Non, mais c’est d’un ridicule achevé ! Vous
espérez m’alpaguer ? Aucune chance !
- Ah oui ? Hurla Williamson, hors de lui. C’est ce que
l’on va voir, bâtard ! Nos appareils viennent enfin de terminer ton
analyse… et ils concluent ceci…
- Vos appareils se trompent, Gregory… selon leurs résultats,
mes ondes alpha seraient de deux mégacycles… et… maintenant ? un demi
mégacycle ? Cinq mégacycles ? Suis-je bien fait de chair, de sang et
d’os ? Suis-je sensible aux gaz délétères ? Puis-je respirer de
l’azote pur ? De l’ammoniac ? J’entends distinctement dans votre
oreillette les données affluer et se contredire aussitôt… il y a à peine une
minute, votre ordinateur central concluait que j’étais à même, avec l’énergie
dont je disposais, de pouvoir anéantir un porte-avions en son entier.
- Euh… oui…
- Mais c’est du grand n’importe quoi, mon vieux ! Car
ce n’est pas un porte-avions de rien du tout que je puis désintégrer mais votre
marine, votre aviation et votre armée de terre à la fois, d’un seul coup !
Alors, l’agent temporel éclata de rire, d’un rire franc et
libérateur. Mais Gregory Williamson avait fait un geste discret commandant à un
ingénieur le branchement d’un champ magnétique de contention. Aussitôt, Michaël
se retrouva enveloppé d’une sorte de halo bleuté dégageant une forte odeur
d’ozone.
- Ouah ! Vous progressez bigrement vite, général… mais
ces progrès sont encore insuffisants…
Sur un dernier éclat de rire, l’agent temporel s’évapora. Ou
du moins, ce fut ce que les Homo Sapiens crurent au premier abord. En fait,
avant de disparaître, avait succédé à la forme humanoïde habituellement
utilisée par Michaël une sorte de serpent bleuté puis orangé.
Stupéfait, les bras ballants, Williamson en laissa tomber
son cigare. Quant au Président, il jeta, philosophe :
- Gregory, je crois bien que nous venons de voir l’apparence
réelle du sieur Michaël. Nous nous sommes montrés stupides en supposant que
nous avions désormais les moyens de le neutraliser.
- Comment l’Homme a-t-il pu évoluer jusque-là ? Fit le
général. C’est tout à fait… impossible. Ou alors, ce type nous a hypnotisés.
- Peut-être… en attendant, nous avons perdu deux précieuses heures.
Jamais je n’aurais dû céder à votre proposition. Un être comme lui n’accepte
pas les menaces… C’était évident dès notre première rencontre.
- Mais… il nous fallait tenter le coup… devancer les
Soviétiques…
- Cela m’étonnerait qu’il aille proposer ses services à
Diubinov, Gregory.
- Dieu vous entende, Malcolm…
*****
Eté 1940.
La Bataille d’Angleterre serait un échec pour la Luftwaffe.

Tandis que le 9 août, le gouvernement de Winston Churchill signait un accord avec le général de Gaulle et qu’allait se former le Comité National de la France Libre, de modestes mouvements de résistance se dessinaient en France : Henri Frenay,
Emmanuel d’Astier de la Vigerie, le professeur Cavaillès.

Tandis que le 9 août, le gouvernement de Winston Churchill signait un accord avec le général de Gaulle et qu’allait se former le Comité National de la France Libre, de modestes mouvements de résistance se dessinaient en France : Henri Frenay,
Emmanuel d’Astier de la Vigerie, le professeur Cavaillès.
Antoine Fargeau et Marc Fontane vivaient donc en zone
occupée. Malgré les difficultés, les deux jeunes gens tentaient de mettre sur
pied un petit réseau de résistants. Il n’était pas encore question d’actions
d’ampleur tels les sabotages et les enlèvements de gradés ou encore les
assassinats. Il s’agissait de recruter des volontaires, de voler des armes, de
monter des postes d’émetteurs-récepteurs, ou de ronéotyper des tracts.
L’ex-étudiant de Cal Tech voyait avec une colère rentrée
combien le maréchal Pétain était populaire aussi bien en zone libre qu’en zone
sous la botte allemande. Sur les bandes d’actualités projetées dans les
cinémas, le chef de l’Etat français était souvent montré se promenant dans les
rues de Vichy,

prenant des enfants dans les bras, discutant avec eux comme un paisible grand-père.

prenant des enfants dans les bras, discutant avec eux comme un paisible grand-père.
Quant à Marc Fontane, il n’avait pas dévoilé à Carole
Lavigne, son assistante médicale mais surtout sa maîtresse, ses activités
subversives. Ainsi, il n’avait fait que se conformer aux conseils de prudence
de son ami Antoine.
François Granier, lui, bouillait d’impatience. D’humeur
vindicative, il souhaitait user de violence envers l’Occupant. Aidé de quelques
copains, il avait réussi à s’emparer d’un camion chargé d’armes, armes qu’il
avait ensuite cachées dans les caves d’une vieille ferme abandonnée depuis des
lustres.
Pendant ce temps, aux Etats-Unis, Otto von Möll, le
directeur promoteur ingénieur qui fabriquait de petits avions de tourisme,
rageait de voir le Président Roosevelt ne pas intervenir dans la guerre en
Europe. En fait, les pressions d’un Congrès conservateur et pacifiste à la
fois, plus ou moins gagné à la cause nazie, l’empêchaient de s’engager
davantage auprès de la Grande-Bretagne, seule nation désormais à représenter
les libertés démocratiques sur le vieux continent.
Le Germano-Américain déversait sa colère devant son fils
aîné Dietrich qui partageait les opinions de son père.
- Dietrich, conviens-en avec moi.
- De quoi donc, père ?
- Cette situation n’est plus tenable. Les Américains font
preuve d’un égoïsme criminel.
- Ils laissent agir Hitler, c’est vrai.
- La France vient d’être écrasée. J’attendais mieux d’elle.
- Oui, évidemment, mais la Victoire de 18 est loin.
- Bientôt, qui sera anéanti par les troupes nazies ? La
Grande-Bretagne ?
- Je ne le pense pas. Churchill et les Anglais sont d’une
autre étoffe que les Français. Ils résisteront… s’il le faut, dans les rues,
les pâtés de maisons, les caves, les greniers, les jardins…
- Tu es un optimiste, toi. Mais si jamais cela survenait… à
qui le tour d’être envahi ?
- L’URSS, sans aucun doute.
- Comment peux-tu être aussi affirmatif ?
- Il est vrai qu’un pacte lie les deux dictatures, argumenta
Dietrich. Mais avec Hitler, il faut s’attendre à tout.
- Ah oui… ce fameux Lebensraum.
Asservir le peuple slave, tout juste bon à obéir…
Bien évidemment, Otto ignorait que la conversation avait été
écoutée par Xaxercos, qui, en bon espion au service de Johann van der Zelden,
avait installé chez l’ex-baron mais aussi dans ses laboratoires et ses bureaux,
des micros ultra perfectionnés, minuscules et tout à fait indécelables.
*****