Introduction
Lieu
indéterminé, date indéterminée.
À l’intérieur d’un éther des plus incertains, tout à fait
impossible à situer, des ondes de pensées planaient tout en s’entrecroisant.
Désirant prendre corps, revêtir un aspect plus matériel, elles créèrent quatre
silhouettes fantomatiques ayant vaguement une forme humanoïde.
La
troisième silhouette, impulsée par une volonté propre, s’introduisit ensuite à
l’intérieur d’une sphère opaque potentielle, située à la frange de l’existence.
Une
fois dedans ce qui était et n’était pas tout à la fois, ladite sphère réagit et
fournit les informations clés demandées.
« Pour
nécessité existence harmonique temporelle désirée, modification cycle numéro
132 543, élément carbone fondamental unité Homo Sapiens répertoriée sous
l’identité de Gorbatchev Mikhaïl mais date de naissance doit rester
inchangée ».

La
silhouette fantomatique acquiesça.
-
Études à la Faculté de Droit de l’Université de Moscou ?
Celui
qui prendrait le nom de Troisième Maître du Temps répondit mentalement :
-
Faits conformes, dates conformes, aucune modification jusqu’à l’année 1964.
Puis carrière politique revue et corrigée. Trentième unité du dixième mois.
-
Enregistré. Le dénommé Gorbatchev Mikhaïl ne dépassera pas le grade de chef de
service de l’Organisation du Parti communiste de l’URSS pour le territoire de
Stavropol.
-
Dans ce cas, nouvelle unité de temps enclenchée. Prévisions conformes. Cycle
132 543, harmonique prime 1720 connectée. Nouveau Temps « réel ». Expérience
amorcée.
À
peine la troisième silhouette avait-elle pensé ces « phrases » que
les autres ondes, ses sœurs, se matérialisèrent autour d’elle. Désormais, la
quatrième civilisation post-atomique était devenue une réalité.
La
première onde d’un groupe de douze, plus connue sous l’appellation de S1, put ordonner
:
-
Construction nécessaire d’un observateur mobile temporel. Mission : éliminer
tout élément susceptible de faire obstacle à notre existence. Nom de code terminal
: M 22 435 X 71 642.
-
Compris. L’expérience sera menée à terme, quoi qu’il en coûte.

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