Un goût d’éternité,
tome II
Prologue
Cité souterraine de
l’Agartha, bureau du Superviseur général. Dix heures du matin.
Birgit Langström avait
été convoquée par l’ingénieur en chef.

Cela ne la surprenait nullement. Elle s’attendait à recevoir une mission. La jeune femme attendait celle-ci avec la plus grande impatience. Avec un sourire, elle pénétra dans la petite pièce meublée dans le style moderne tel qu’il était en vigueur au mitan des années 1950 dans la piste temporelle numéro 1721.


Cela ne la surprenait nullement. Elle s’attendait à recevoir une mission. La jeune femme attendait celle-ci avec la plus grande impatience. Avec un sourire, elle pénétra dans la petite pièce meublée dans le style moderne tel qu’il était en vigueur au mitan des années 1950 dans la piste temporelle numéro 1721.

- Bonjour, Birgit, ma
chère, fit Daniel Lin avec aménité. Vous êtes à l’heure malgré le raout d’hier
soir. J’apprécie cette ponctualité.
- Merci, commandant Wu.
- Vous vous doutez sans
doute pourquoi j’avais besoin de vous voir.
- Oui, bien sûr.
- Mais tout d’abord,
permettez-moi de vous féliciter pour votre prestation dans la sauterie
filmique.
- Ce n’est rien. J’avais
particulièrement envie de jouer. Alors…
- Vous étiez inquiétante
dans le rôle de Lepaïola. Lise en frémit encore.


- Mais vous ?
- Oh ! Moi, je vous
ai trouvée excellente. Un tel rôle n’était pas évident. Vous suscitiez
l’antipathie. Alors, que dans la réalité, vous n’êtes pas cette personne
froide, dépourvue d’émotion.


-Mais vous ne m’avez pas
convoquée pour me complimenter…
- C’est tout à fait
exact. Je vous envoie en mission à l’extérieur. Avec l’approbation du Conseil.
- D’accord. Cela je
l’avais compris. Jamais vous ne vous passeriez de l’approbation de Lobsang et
de Tenzin, non ?
- Le plus souvent. Je ne
souhaite fâcher ou vexer personne.
- Dans le monde
extérieur. Où et quand précisément ? Je ne serai pas seule, non
plus ?
-Vos compagnons, vous les
connaissez déjà. Benjamin Sitruk, Lorenza son épouse…
- L’élite de l’élite, je
constate.
-Oui, tous deux ont
l’habitude de se mouvoir dans un environnement hostile.
- Quel
environnement ?
- Celui de la Guerre
froide, vers 1950.


- Oh ! Cela m’est
familier.
- Vous allez vous frotter
à des espions et des barbouzes de tous poils. A commencer par les Français.
- Très bien. Justement,
mon français n’est pas rouillé, commandant.
- Ensuite, les
Soviétiques…
- Je ne parle pas le
russe.
- Mais celui auprès de
qui je vous envoie et qui vous servira de chaperon, si.
- De qui s’agit-il
donc ?
- De Franz von
Hauerstadt, ma chère.
- Comment ? Franz
existe donc bel et bien dans le monde extérieur ?
- Oui, et ce, sur
plusieurs pistes temporelles. Comme Otto d’ailleurs.
- Alors, dans ce cas,
Michaël Xidrù également.
-En quelque sorte.
- En quelque sorte ?
Les bras m’en tombent. Je pensais que tout cela n’était que pure fiction.
- Pas tout à fait,
Birgit. D’ailleurs, c’est pour cela que Lobsang et Tenzin se montraient au
départ assez réticents à voir ce feuilleton être tourné. Ne parlons pas
d’Albriss et de ses confrères Helladoï.
- Pourquoi avoir dit
« en quelque sorte », commandant Wu, à propos du dénommé
Michaël ?
- Je ne suis pas habilité
à vous en révéler davantage sur le fonctionnement de la Supra Réalité. De toute
manière, cette méconnaissance ne nuira en rien au succès de votre mission.
- Je veux bien vous
croire, mais…
- Faites-moi confiance,
Birgit.
- Euh… Entendu.
- Alors, écoutez-moi
attentivement…
*****
Egypte antique, vers 1350
avant Jésus-Christ.
Le jeune pharaon
Toutankhamon, âgé de dix-huit ans à peu près, venait de mourir et de rejoindre
les champs d’Ialou.


Les grands prêtres d’Amon
et d’Osiris procédaient à l’enterrement du monarque avec tout l’apparat
nécessaire. Le cortège, splendide comme il se devait, où les ors, les pierres
précieuses et semi précieuses brillaient de tout leur éclat, un éclat à faire
pâlir Râ le dieu soleil lui-même, avançait lentement, selon l’étiquette
millénaire et progressait tel un mirage dans l’immense vallée des Rois.
Le clergé et la Cour,
parvenus devant le tombeau, la cérémonie suivit son cours selon les rites en
vigueur depuis des lustres. Ensuite, les sarcophages furent emmurés dans une
sorte de caverne. Auprès d’eux, des jarres d’huile et de blé avaient été
déposées afin de permettre à l’âme du défunt, son ka, de se nourrir. De même, des
statuettes de différentes tailles, destinées à servir le souverain dans
l’au-delà avaient été positionnées dans la crypte.

Puis, le tombeau fut
scellé. Il resterait inviolé durant près de trois mille cinq cents ans,
réchappant aux multiples invasions, aux pillards arabes, aux guerres de l’ère
moderne et à la soif de richesse des troupes du général Bonaparte. En fait, la
tombe du jeune souverain était veillée par un des Maîtres du Temps, le Premier,
celui qui avait en charge l’Egypte ancienne ainsi que toutes les autres
civilisations de l’Antiquité.
*****