30 Août 1993. L.A.
Il était un peu plus
de midi. Sur la table meublant la kitchenette du professeur Möll, plusieurs
plats typiquement américains étaient servis. Stephen apprenait à Aliette de
Painlecourt

comment s’en sortir avec la nourriture moderne. La jeune rescapée du Moyen-Âge devait apprendre à manger un œuf dur après l’avoir pelé, à faire de même avec une pêche, à se servir d’une fourchette, à réfréner ses instincts de vouloir tremper ses doigts dans l’assiette lorsqu’il s’agissait de viande, à ne pas s’essuyer la bouche avec la nappe de la table, bien que celle-ci ne fût mise que pour la forme.
comment s’en sortir avec la nourriture moderne. La jeune rescapée du Moyen-Âge devait apprendre à manger un œuf dur après l’avoir pelé, à faire de même avec une pêche, à se servir d’une fourchette, à réfréner ses instincts de vouloir tremper ses doigts dans l’assiette lorsqu’il s’agissait de viande, à ne pas s’essuyer la bouche avec la nappe de la table, bien que celle-ci ne fût mise que pour la forme.
De plus, maintes
fois, il avait montré à la jeune fille comment allumer le poste de télé ou de
radio, à tourner les robinets d’eau, à ne pas craindre la lumière artificielle
et à ne pas y voir dans ce qu’elle prenait pour la manifestation d’un démon, un
quelconque maléfice.
Stephen tentait
également de lui enseigner les bonnes manières, c’est-à-dire de ne pas oublier
de tourner la tête lorsqu’une quinte de toux la prenait, afin de ne pas
expédier dans les airs des microbes malvenus. Le professeur avait aussi la
charge de lui apprendre des rudiments d’anglais, mais son américain argotique
allait laisser des traces dans la façon dont l’adolescente s’exprimerait dans
quelques semaines.
Ces différentes
tâches agaçaient le scientifique qui, là, n’aimait pas à jouer le pédagogue. Il
avait l’impression d’être changé en bonne d’enfant et cela lui portait sur les
nerfs.
Alors que Cynthia
assistait à la leçon, elle dut subir la mauvaise humeur de son mentor.
- J’en ai plus
qu’assez de tout ça ! Je ne suis pas une nounou que je sache !
Pelotonnée sur sa
chaise, Aliette comprenait que cet homme chargé de son éducation dans ce monde
incompréhensible et terrifiant, éprouvait de la colère dont elle était le
centre. Alors, elle essayait de se faire discrète tout en épluchant de manière
maladroite un brugnon dont le jus dégoulinait sur ses doigts.
- Stephen, lui
répondit l’étudiante. Cela ne sert à rien de crier ainsi. Tu lui fais peur.
- M’en fous !
Michaël se garde bien de telles tâches ingrates, lui. Il s’est esquivé quelque
part sans me dire où il allait, l’espèce d’enfoiré… Il me tape sur le système.
Mais tiens, observe-la cette petite…
- C’est tout à fait
normal. Tu lui hurles dessus. Elle a saisi que tu étais furieux contre elle.
Ses yeux emplis d’innocence sont prêts à verser des larmes.
- Franchement,
Cynthia, cesse de lui trouver des excuses et de prendre son parti. Sais-tu
qu’elle croyait que le savon se mangeait ? Elle refuse de monter dans ma
voiture. Elle tremble de peur lorsque je l’y traîne de force.
- Mets-toi à sa place
une minute, mon cher professeur.
- Mais je suis encore
plus têtu qu’elle. Je suis parvenu à lui faire faire un tour dans ma tire.
Avant de réussir à la mettre dans ma bagnole, elle s’est accrochée
désespérément à la porte du garage. Il a fallu que je la prenne comme un vieux
sac de linge pour la faire asseoir à mes côtés.
- Un peu de charité
de ta part… il faut la comprendre, Aliette.
- Le plus beau, tu
l’ignores. Chaque fois que j’allume la télé ou le magnétoscope, elle se signe…
j’en ai plus qu’assez ! J’ai des cours à préparer. Je prends du retard sur
mon planning…
- Stephen, tu ne vois
pas le côté comique de la situation.
- Quel côté comique,
Cynthia ? Les corvées, c’est pour ma pomme. Si tu veux te charger de la
tâche, je t’en prie, je te cède volontiers ma place…
- Moi, Aliette, je la
trouve amusante, oui, mais aussi intelligente et attachante.
- Oh oui ! Un
pot de colle. Dans son baragouin, elle me demande régulièrement des nouvelles
de Michaël.
- Nieras-tu qu’elle a
bien supporté le choc psychologique de ce voyage dans le futur ?
- Ah ? Tu
trouves ? Tu plaisantes, là !
- Elle est loin
d’être sotte, notre tempsnaute et apprend vite.
- N’importe
quoi !
- Mais si. Stephen,
si tu te trouvais à mille ans de distance dans le futur, comment
réagirais-tu ? Ne serais-tu pas plus embarrassé et terrifié qu’elle ?
- Tout d’abord, je me
mettrais à observer afin de mieux appréhender le monde qui m’entoure…
- Non… Tu serais
dépassé.
- Tout de même
pas ! J’ai une formation scientifique et…
- Oui, mais si les
progrès technologiques étaient tels qu’ils te paraîtraient découler de la
magie ?
- Bah ! C’est
impossible !
- Je ne suis pas
d’accord… Tiens… si tu avais affaire à un synthétiseur capable de matérialiser
à peu près n’importe quoi…
- Comme dans Star Trek NG ?
-
Exactement.
- Je chercherais à
comprendre le fonctionnement d’un tel appareil. J’en déduirais qu’il transforme
l’énergie en matière, ma chère élève…
- Bon… Maintenant,
passons à l’holodeck.
-
C’est
un peu la même chose… ceci dit, j’admets que tu as en partie raison.
- Bien sûr. Aliette
vient du XII e siècle alors que la science était plus que balbutiante…


- Pff ! En
attendant, les ennuis, c’est moi qui les ai !
Juan Gomirez qui
venait d’arriver chez le professeur Möll et qui se servait sans façon une
salade de maïs et un soda, rétorqua :
- Stephen, à qui la
faute si l’agent temporel est absent ?
- Ah bon ?
Michaël t’a fait des confidences ?
- Il m’a en effet
confié qu’il se rendait à Paris, à la Bibliothèque Nationale.
- Pourquoi faire,
sacré nom de Dieu ?
- Afin de s’assurer
que les recherches que tu as menées concernant votre expédition à tous deux
sous la Terreur étaient complètes et ne prêtaient pas à confusion…
- Ouais… Michaël ne
me fait donc pas confiance ?
- Pas plus que ça.
- Comment dois-je
prendre la chose ?
- Bien, rit Cynthia.
- Michaël est allé
aussi à Paris pour obtenir des costumes plus réalistes. Ceux que tu avais
rapportés ne le satisfaisaient pas.
- Dis-le que je suis
nul, Juan…
- Tout de même pas.
Mais l’histoire moderne n’est pas ton domaine, voilà tout.
- Hum… Michaël
musarde un peu trop à mon goût. Il se défausse.
- Mais non, objecta
Cynthia. Il doit mener plusieurs choses de front.
- Oui, tout à fait,
opina le Sud-Américain. Non seulement, Michaël est à Paris en cette fin du mois
d’août, mais il a dû également faire un tour en 1940 afin de voir Antoine
Fargeau… Il doit s’assurer de visu que tout va bien pour lui… ne faut-il pas
que tout se déroule comme prévu avec Otto von Möll ? Franz von Hauerstadt
doit entrer en contact avec ton grand-père selon les paramètres déterminés…
sans qu’il y ait la moindre anicroche…
- Aux dernières
nouvelles, compléta Cynthia, Antoine était bon copain avec un certain Marc
Fontane… et collègue avec François Granier…
- Or, François est le
frère aîné d’Elisabeth, l’épouse du duc, n’est-ce pas ?
- C’est exact. Tout
colle, acquiesça le professeur.
- Pour l’instant,
jeta Juan. Notre cher Antoine a le sens des responsabilités. Il a compris qu’il
devait se sacrifier et partir vivre sous la Seconde Guerre mondiale afin que
tout soit conforme, que Franz von Hauerstadt rencontre bien Otto et que le
voyage temporel devienne bien une réalité…
- Ensuite, Stephen,
reprit l’étudiante, tu diras que Michaël ne modifie pas le cours de l’Histoire…
c’est vrai, en grande partie… mais il lui arrive de donner un coup de pouce aux
événements…
- Oui, en convint le
chercheur. Ce qui est déjà advenu en 40 120 est certain d’arriver en 1944
ou 1946…
Pendant cet échange,
l’humeur de Stephen Möll avait évolué. Plus calme, il tendit à Aliette une
serviette afin que l’adolescente s’essuyât les doigts après avoir terminé son
fruit. D’un léger sourire, la rescapée du Moyen-Âge l’en remercia.
*****
Ancien Empire
égyptien, règne du Pharaon Khephren.

Taamir, l’homme
biologique au service de Johann van der Zelden, avait été envoyé en mission par
ce dernier à Memphis avec l’objectif de devenir grand-prêtre du dieu Ptah.
Il avait parfaitement accompli la première partie des ordres de son maître. Désormais, jouissant d’une grande influence sur le clergé, il était tout à fait libre de piller les archives à sa disposition dans le temple du dieu qu’il servait.

Il avait parfaitement accompli la première partie des ordres de son maître. Désormais, jouissant d’une grande influence sur le clergé, il était tout à fait libre de piller les archives à sa disposition dans le temple du dieu qu’il servait.
Dans ses recherches,
il recevait l’aide du Maître du Temps placé sous l’Antiquité par le Commandeur
Suprême. Il est bon de noter que ce gardien de l’Histoire ancienne n’était pas
du tout doté de traits égyptiens ou sémites. Au contraire, de taille élevée,
les yeux et les cheveux clairs, son teint paraissait l’apparenter aux individus
originaires du Septentrion. De plus, un air blasé était le plus souvent répandu
sur son visage et parfois, il se laissait aller à esquisser un sourire empreint
de cynisme. Quant à son regard perçant, il faisait frissonner ses
interlocuteurs quels que fussent leurs rangs. Ainsi même Pharaon craignait le
Grand Prêtre du dieu Râ. Jamais il ne le contredisait et acceptait la moindre
de ses paroles.
Quant à Taamir, il
présentait une apparence des plus anodines. Son air bonhomme, ses yeux noirs au
regard doux inspiraient la confiance. Ses cheveux naturellement bouclés avaient
été rasés afin que son allure soit plus conforme à sa fonction de prêtre.
Mais que recherchait
l’homme synthétique avec autant d’assiduité ? Il récoltait les infimes
indices concernant la supposée et légendaire première civilisation humaine,
celle connue sous le nom de cité de l’Atlantide, décrite par Platon quelques
deux mille ans plus tard. En effet, à tort ou à raison, Johann pensait que la
civilisation de Khémi pouvait être l’héritière de celle des Atlantes.
*****
France, 1er
septembre 1993.
Alors que la session
parlementaire d’automne n’avait pas encore débuté, Michaël Xidrù visitait le
Palais Bourbon, exceptionnellement ouvert au public ce jour-là.
En arrêt devant les
magnifiques lustres à pampilles, il s’extasiait de voir ainsi le cristal
utilisé à but ornemental et non à des fins industrielles.
Mais, soudain,
l’agent temporel se retourna. Il venait de sentir qu’il n’était plus seul dans
l’immense salon tout chamarré. Mais il ne s’agissait pas d’un quelconque
touriste. Non… pas du tout. Michaël avait capté une longueur d’onde mentale
anachronique émise par un bien étrange individu, ventre bedonnant mis en avant,
gros havane aux lèvres, lunettes de soleil tout à fait inutiles dans ce lieu,
Polaroïd en action en train de photographier les tableaux accrochés aux murs.

Percevant fort clairement la communication psychique du gros homme, l’agent temporel en fut troublé.

Percevant fort clairement la communication psychique du gros homme, l’agent temporel en fut troublé.
- Maître du Temps au
rapport… Commandeur Suprême, quels sont vos derniers ordres ? Johann van
der Zelden connaît des difficultés…
- Maître du Temps, ce
n’est pas le moment de m’importuner avec cette information que je connais déjà.
Vous brouillez les données que je reçois des civilisations industrielles 12, 18
et 22…
- Pardon… Je
reviendrai plus tard…
Sur le qui-vive,
Michaël avait bien l’intention de se téléporter ailleurs. Mais cela n’aurait
fait qu’aggraver son identification par ce pseudo-touriste à l’aspect
débonnaire. Fermant son esprit, l’agent temporel choisit de s’éloigner en
direction de la sortie, et emprunta un couloir d’un pas calme et posé. Avec
raison, il pensait que le Commandeur Suprême n’allait pas l’attaquer de sitôt.
De retour à son
hôtel, rue de Valois, l’homme du futur, au lieu d’entrer en communication
mentale avec Stephen, pour plus de précaution, usa du téléphone. Mais pourquoi
donc Michaël n’alertait-il pas les Douze Sages ? Avait-il peur que son
message ne leur parvînt pas ?
Ce fut avec
difficulté que Michaël joignit le professeur Möll. Ce dernier n’était pas chez
lui mais à Cal Tech dans son laboratoire en train de mettre au point une
expérience. Dérangé, Stephen répondit d’un ton bourru :
- C’est vraiment pas
le moment de venir m’interrompre ! Que voulez-vous encore ?
- Le Commandeur
Suprême est en France, asséna Michaël d’une voix atone.
- Ah ouais ?
Qu’est-ce que cela peut me foutre ?
- Mais c’est grave,
Stephen ! Un élément de son importance ne se déplace pas comme cela dans
le passé ! Il a usé d’un clone pour venir en 1993… à l’insu de mes
Supérieurs… je le jurerai… je ne sais comment mais j’ai capté quelques-unes de
ses pensées et de ses communications.
- Rien à cirer !
- Stephen, faites un
effort… mesurez la gravité de la chose…
- Vous êtes au bord
de la panique, mon vieux. C’est nouveau chez vous…
- Il y a de quoi…
c’est lui l’ennemi occulte, l’aide mystérieuse de Johann. Alors…
- Alors quoi ?
Grouillez !
- Il vaut mieux
renoncer, abandonner… je ne dispose pas du centième de ses pouvoirs…
- Pas possible ?
Vous vous rendez compte que vous n’êtes qu’un pion ? Bravo ! Bienvenu
au club !
- Je vais couper la
communication puis regagner Cal Tech immédiatement. Tant pis pour la prudence…
après tout, j’ai les costumes et tous les papiers nécessaires…
- Tant mieux ! Hasta pronto…
*****
Avril 1940.
Les Allemands avaient
poussé jusqu’au port de Narvik. Les troupes franco-britanniques allaient
affronter la Wehrmacht à Trondhjem.
A la Chambre des
députés, Paul Reynaud,
le nouveau Président du Conseil, affirmait que la route du fer était et resterait coupée aux Allemands.

le nouveau Président du Conseil, affirmait que la route du fer était et resterait coupée aux Allemands.
Or, les premier et 2
mai, Anglais et Français étaient obligés de rembarquer.
Alors survint le 10
Mai 1940.
La Wehrmacht
déferlait en Hollande et en Belgique. La Blitzkrieg débutait. Bientôt, dans
cinq semaines à peine, la France envahie, humiliée et vaincue serait contrainte
de demander l’Armistice… quel honneur dans tout cela ?
*****
1er
Septembre 1993, quelques minutes après la conversation téléphonique de Michaël
avec le professeur Möll.
De retour à L.A.
l’agent temporel s’apprêtait à pénétrer dans le laboratoire de Stephen, pour
une fois usant de la porte… mais à son grand dépit, l’Homo Spiritus se retrouva
nez à nez avec le clone du Commandeur Suprême, qui, apparemment, affectionnait
le corps malhabile du gros homme.
Jetant le mégot de
son cigare sur l’allée sablée, puis l’écrasant d’un pied vindicatif, le
sinistre et terrifiant individu cingla son interlocuteur de son ironie :
- Ainsi, moustique,
tu pensais naïvement que je ne t’avais ni détecté ni remarqué ? Mais, mon
petit, si j’ai laissé mon esprit ouvert une microseconde, c’était volontaire de
ma part ! Crois-moi, c’était tout à fait inutile de gaspiller autant
d’énergie pour retourner aussi vite à Los Angeles ! Qu’espérais-tu donc
dans ta candeur ? Me semer ? Tu as oublié un minuscule détail… le
traceur… le traceur incorporé dans ton être… impossible de t’en défaire… Un
garde-fou mis en place par les Douze Séniles, bien pratique pour moi…
- Je ne l’avais en
aucun cas oublié…
- A d’autres ! Je
joue avec toi comme le chat avec la souris. Apprête-toi à numéroter tes
abattis. C’est pour bientôt… toutefois, comme je suis magnanime, je t’accorde
encore un instant de liberté… alors, accomplis ta mission selon ta fantaisie…
sans trop en référer aux Douze décrépits… cela m’arrange, vois-tu que tu aies
tendance à n’en faire que selon ton humeur… j’aime les rebelles… Tu ne les as
pas avertis de ma présence dans ce passé… par peur de quoi au juste ? De
ta possible déconnexion et reprogrammation ? Comme c’est risible !
- Commandeur…
- Tais-toi… Va donc
jusqu’au point que j’ai prévu… mais apprends qu’il y aura ensuite un sacré
grain de sable qui enraillera toute ta stratégie… j’ai au moins trente coups
d’avance sur ton jeu… car j’ai l’art de l’anticipation…ne contrôlé-je pas le
Temps ?
- J’ai réfléchi… Je
vais informer les S de votre insubordination… je vais leur dire que vous n’avez
pas, vous, de traceur qui vous freine dans vos machinations… que vous complotez
contre notre civilisation… Au risque de
la voir s’effacer… or, en agissant ainsi, vous prenez le risque de vous diluer
vous aussi dans la non-existence…
- Ne sois donc pas si
stupide, mon petit ! Toi, un élément secondaire, qui émets des avis
erronés, qui ne possèdes pas les connaissances suffisantes pour comprendre les
supra enjeux de l’Univers…franchement, c’est à rire… je suis le Commandeur Suprême,
cela signifie que je suis le récepteur de toute l’Information, passée, présente
et à venir !
- Tout converge vers
vous…
- Oui, mon pauvre
enfant… Tout va vers moi…
- Mais… en vous
opposant aux Douze Sages, en mettant en danger la Quatrième Civilisation
post-atomique, vous effacez les données, vous coupez l’Information…
- Qu’une femto
seconde… même pas… les Douze Sages neutralisés, je me substitue à eux… je
deviens leur Supérieur… je ne leur suis plus assujetti. Mieux… je deviens le
Grand Ordonnateur et je puis alors tout reconfigurer selon des schémas plus
cohérents…
- Par le Feu
primordial ! Vous êtes un malade… Jamais le Grand Ordonnateur vous
laissera faire…
- Encore faudrait-il
qu’il existe ! C’en sera bien fini du Hasard qui a mené la danse si
longtemps… Des milliards et des milliards d’années perdus…
- Un aveu de
faiblesse ? Un regret… Vous êtes en train de voir vos propres limites…
- Insolent
insecte !
Comment le Commandeur
Suprême allait-il répliquer face au courage de Michaël ? Quelle punition
serait infligée à l’agent temporel ?
Aucune en fait car le
clone disparut subitement, gagnant un autre période de l’Histoire humaine,
poussé sans doute par le besoin de récolter de plus amples informations
ailleurs. Toutefois, son départ aussi soudain que brutal ne fut pas sans
conséquences. Le sol se mit à frémir comme si un mini tremblement de terre
était en train de se produire… un séisme de magnitude cinq tout de même qui provoqua
la chute de quinze immeubles et cinq incendies faisant trente-et-une victimes…
*****