Fleurus, 26-28 Juin 1794.

Pour la première fois
dans l’histoire humaine, des aérostats étaient chargés d’indiquer aux
Républicains la position des troupes ennemies. Or, grâce à cette innovation,
les Français allaient triompher des armées prussiennes.


Le général Jourdan

avait bien mérité de la patrie. Désormais, les portes de la Belgique étaient ouvertes aux armées révolutionnaires et la Hollande se retrouvait à la portée de Carnot, le Conventionnel qui, en tant que stratège des forces républicaines, donnait ses instructions aux généraux afin que la Révolution desserrât l’étau contre-révolutionnaire.

avait bien mérité de la patrie. Désormais, les portes de la Belgique étaient ouvertes aux armées révolutionnaires et la Hollande se retrouvait à la portée de Carnot, le Conventionnel qui, en tant que stratège des forces républicaines, donnait ses instructions aux généraux afin que la Révolution desserrât l’étau contre-révolutionnaire.
Quelques jours plus tard,
Barère vanterait les victoires de la République à la tribune de la Convention
dans un style fleuri.
*****
16 Messidor An II, ou 4
Juillet 1794.
Au Comité de Salut
Public, dans l’un des pavillons du château des Tuileries, la séance de travail
laissait place à de brefs instants de détente. Tous les membres du gouvernement
qui siégeaient sans discontinuer depuis quatorze heures étaient épuisés et éprouvaient
le besoin de souffler un peu. C’était à qui mangeait sur le pouce, à qui se
désaltérait en buvant de la limonade ou encore un verre de vin rouge.
Or, Robespierre,

le membre le plus éminent de ce comité d’exception, n’assistait plus aux réunions de travail et ce, depuis une quinzaine de jours environ. Maladie ou mauvaise humeur de la part de l’Incorruptible ?

le membre le plus éminent de ce comité d’exception, n’assistait plus aux réunions de travail et ce, depuis une quinzaine de jours environ. Maladie ou mauvaise humeur de la part de l’Incorruptible ?
En fait, cette absence
était le résultat de l’obstruction de la plupart des tribuns qui empêchaient
Maximilien de s’exprimer ou de prendre part aux décisions clés.
Ce jour-là, Couthon,
légèrement indisposé, brillait également par son absence.
Dans l’immense salle
sonore, imposante, encombrée, éclairée par de vaste fenêtres, mal entretenue,
dans laquelle régnait une chaleur écrasante, il y avait donc Lindet,

plongé dans des colonnes de chiffres, préoccupé par le ravitaillement de la capitale qu’il devait assurer, se faisant des cheveux blancs tant le problème était complexe, ne songeant pas le moins du monde à prendre du repos, Carnot, l’Organisateur de la Victoire, qui, pour quelques minutes, avait délaissé ses plans d’invasion de la Hollande, et qui griffonnait sur les marges d’une carte d’état-major quelques vers maladroits.

plongé dans des colonnes de chiffres, préoccupé par le ravitaillement de la capitale qu’il devait assurer, se faisant des cheveux blancs tant le problème était complexe, ne songeant pas le moins du monde à prendre du repos, Carnot, l’Organisateur de la Victoire, qui, pour quelques minutes, avait délaissé ses plans d’invasion de la Hollande, et qui griffonnait sur les marges d’une carte d’état-major quelques vers maladroits.
Collot-d’Herbois,

quant à lui, semblait plongé dans un travail apparemment des plus absorbants. En effet, il avait sous les yeux le tableau comparatif des différentes sections de la capitale. Toutefois, cet examen ne le gênait pas pour boire de temps en temps, à même au goulot, des lampées d’eau-de-vie.

quant à lui, semblait plongé dans un travail apparemment des plus absorbants. En effet, il avait sous les yeux le tableau comparatif des différentes sections de la capitale. Toutefois, cet examen ne le gênait pas pour boire de temps en temps, à même au goulot, des lampées d’eau-de-vie.
Derrière son bureau
personnel, Billaud-Varenne

rêvassait, mordillant sa plume d’oie qu’il venait pourtant de tailler, oubliant d’aligner des additions et des additions. Un peu en retrait, Barère jouait aux devinettes et aux charades sur un bout de papier qui aurait dû servir à des travaux plus sérieux.

rêvassait, mordillant sa plume d’oie qu’il venait pourtant de tailler, oubliant d’aligner des additions et des additions. Un peu en retrait, Barère jouait aux devinettes et aux charades sur un bout de papier qui aurait dû servir à des travaux plus sérieux.
Le peintre David était
venu rendre visite à ses collègues afin de leur présenter les détails du projet
concernant la fête donnée en l’honneur du petit tambour Bara.

Mais pour l’heure, il brossait rapidement le portrait, crayon en main, de Barère, sous le regard critique et les remarques acerbes de Saint-Just qui, penché par-dessus les épaules de l’artiste, ne tarissait pas de pointes.

Mais pour l’heure, il brossait rapidement le portrait, crayon en main, de Barère, sous le regard critique et les remarques acerbes de Saint-Just qui, penché par-dessus les épaules de l’artiste, ne tarissait pas de pointes.
- Ah non ! Je ne
suis pas d’accord, Louis ! Ce n’est pas de la peinture moderne. Tu veux mon
avis ?
- Oui, je t’écoute…
- Ton portrait est raté.
Franchement, ce n’est pas ainsi que j’esquisserais Bertrand. Tu massacres son
nœud de cravate. Oh lalà ! Mais, tu en as fait une espèce de bouillie
informe…
- N’exagèrerais-tu pas un
peu ?
- Non. Allez… donne-moi
ton crayon que je répare cela…
Avec impatience, Antoine
saisit brusquement ledit crayon des mains du peintre, et, nerveusement,
rectifia un pli du nœud de la cravate tricolore. Puis, osant aller plus loin
encore, arrondit le menton, modifia l’expression de la bouche en la
redessinant, arrangea la courbe des sourcils et redonna, non sans plastronner,
l’esquisse à David tout s’exclamant :
- N’est-ce pas mieux
ainsi ? Sois honnête… Bertrand est bien plus ressemblant. Veux-tu que
j’aille lui montrer ?
- Moui… Mais moi, je
refuse cette peinture, ce dessin qui ressemble à du Greuze,

sais-tu ? Lança David d’un air pincé.
sais-tu ? Lança David d’un air pincé.
Alors, entendant que l’on
parlait de lui, le portraituré se leva et, s’emparant du crayonné, fit, tout
joyeux :
- Enfin, je me ressemble…
Bravo, tu fais des progrès, David. J’aime bien ton art imité des Romains… tes
grandes machines, tes grands tableaux… le
Serment des Trois Horace, le Serment du Jeu de Paume… Oui, ça vaut le coup
d’œil… mais tout cela est un peu froid et manque de vie, il faut l’avouer.
Plus que vexé, le peintre
soupira longuement.
- Bertrand, tu n’as
jamais rien compris à la peinture de notre temps. Et plus particulièrement à la
mienne. Tu en es resté à celle des tyrans. En fait, je suis trop moderne pour toi !
Saint-Just éclata de rire
à cette réflexion et conclut :
- Allons, Louis,
console-toi. Je te dis que tu seras le plus grand peintre de l’Histoire. Dans
deux cents ans, trois cents, cinq cents ans même, la foule en admiration
contemplera tes œuvres exposées au Musée du Louvre. Tu es et resteras le
peintre de la République triomphante…
- Je veux bien te croire…
Espérons que tes paroles seront de bon augure.
Pendant ce temps, dans
les rues du Paris révolutionnaire, un Conventionnel avait le trouillomètre à
zéro. Fouché se sentait traqué et se terrait dans un meublé de dernière
catégorie. Pour plus de sécurité, il changeait de chambre régulièrement afin de
faire perdre sa trace aux argousins du Comité de Sûreté générale et à la police
du Comité de Salut Public. Le futur ministre de la Police devait néanmoins
prendre le risque de sortir, ne serait-ce que pour se nourrir.
Cet après-midi-là,
tremblant de tout son corps, se retournant souvent, il rendait visite à Barras
chez qui étaient réunis Fréron

et Tallien, des députés dans le collimateur de Robespierre. Mais comme le soir tombait, les quatre hommes se hasardèrent à souper dans une taverne sise dans l’une des ruelles de l’Île de la Cité. Un peu plus tard, alors qu’ils terminaient leur fricot, ils furent rejoints par Billaud-Varenne et Collot-d’Herbois. D’une voix feutrée, Fouché, ex-moine, expliqua son plan à ses amis.

et Tallien, des députés dans le collimateur de Robespierre. Mais comme le soir tombait, les quatre hommes se hasardèrent à souper dans une taverne sise dans l’une des ruelles de l’Île de la Cité. Un peu plus tard, alors qu’ils terminaient leur fricot, ils furent rejoints par Billaud-Varenne et Collot-d’Herbois. D’une voix feutrée, Fouché, ex-moine, expliqua son plan à ses amis.
- Vous serez d’accord
avec moi, mes chers collègues. La situation actuelle ne peut s’éterniser. Un
jour ou l’autre, Robespierre demandera nos têtes aux deux comités et il les
obtiendra. Nos vies ne tiennent plus que par un fil.
- Nous en sommes, nous du
Comité, jeta Collot d’un ton sourd.
- Que suggères-tu ?
S’enquit Billaud-Varenne.
- Hé bien, je pense qu’il
faut l’abattre avant que nous tombions. Inutile de vous récrier tous deux, toi
Billaud et toi Collot. C’est la seule solution pour que nous conservions notre
tête sur les épaules.
- Moi, je veux bien en
finir avec l’Incorruptible, fit Fréron, mais comment allons-nous nous y
prendre ?
- Tout comme moi, vous
vous opposez à Maximilien. Mais voilà, vous êtes faibles, surtout toi Billaud
et toi, Collot. Chaque fois, vous vous agenouillez devant Robespierre. Vous
craignez ses colères…
- Ses colères qui peuvent
nous coûter la vie, émit Tallien. Depuis cette histoire de Bordeaux, Maximilien
ne peut plus me sentir.
- Nous avons les moyens
de lui arracher son bec et de lui limer ses griffes.
- Comment ? Tu
rêves, mon vieux ! Ironisa Fréron.
- Il nous faut monter
contre lui tous les députés de la Convention. Tous ces hésitants du Marais…
leur faire accroire que Robespierre aspire à la dictature…
- Non… mieux… qu’il est
déjà un dictateur pis que les ci-devant tyrans, proféra Tallien.
- Pour parvenir à nos
fins, reprit Fouché, il nous suffira de faire circuler de fausses listes de
députés proscrits par l’Incorruptible. Cela devrait être assez facile vu vos
postes au Comité de Salut Public, Billaud et Collot…
- Hem… pas mal trouvé,
siffla Collot.
- Oui, renchérit Fréron.
Ainsi, les pseudo-coupables, affolés, se ligueront contre lui et…
- Et, poursuivit Billaud,
avec Collot et tous nos collègues des deux Comités, nous n’aurons plus qu’à
nous porter à la tête du complot puis à assumer la continuité de la République.
- Certes… mais jamais
Couthon et Saint-Just ne nous suivront, marmonna Collot.
- Ces deux-là, il faudra
également nous en débarrasser, grommela Tallien. Saint-Just est redoutable…
- Sans doute, mais je
crois qu’il n’a plus tant que cela l’oreille de Maximilien… Il est revenu
changé de Fleurus, renseigna Billaud. Je sens comme un divorce entre eux.
- Tout à fait, approuva
Collot.
- Nous verrons que faire
de ce sale gamin, ricana Fouché. Pour l’instant, je vais m’occuper des fameuses
listes apocryphes.
- Peux-tu commencer à les
distribuer dès demain matin ? Demanda Tallien.

- Oui, assurément.
- Pourquoi tant de
hâte ? Questionna Collot.
- Thereza est incarcérée…
je m’inquiète pour elle, murmura Tallien…
- Bon… Nous avons
compris. Ce n’est pas tant ta tête qui t’importe, mais plutôt celle de ta
maîtresse, lança Barras qui s’exprimait pour la première fois.
- Oui, et alors ? Du
moment que je suis de ton côté, tu n’as rien à me reprocher, Paul, répliqua le
jeune homme.
- Qu’importe le flacon
pourvu qu’on ait l’ivresse, acheva l’ex-capucin.
Ainsi le complot qui
devait voir la chute de Robespierre était noué. D’un pas circonspect, Fouché
regagna son modeste logement. Il ignorait qu’il était effectivement suivi, non
pas par les espions de Robespierre, mais par Stephen Möll, l’Américain, de la
fin du XXe siècle, plus déterminé que jamais à changer le cours de la
Révolution française.
Le professeur pistait le
comploteur depuis plus de huit jours. Il avait appris à connaître toutes les
habitudes, tous les tours de l’intrigant.
De son côté, Michaël ne
restait pas inactif. Il savait où se trouvaient les caches de Tallien et de
Fréron, les deux Conventionnels les plus corrompus après Barras.
Le plus difficile n’était
pas encore accompli cependant. Stephen et l’agent temporel allaient devoir
enlever les membres des deux Comités les plus virulents contre Robespierre,
c’est-à-dire les dénommés Billaud-Varenne, Collot-d’Herbois, Vadier, Amar et
peut-être même Carnot…
*****
Janvier 1935.
Par plébiscite, la Sarre
venait de demander son rattachement à l’Allemagne. Apprenant la nouvelle par
les journaux, Franz s’en réjouissait.

- Mon pays ne fait que
récupérer un de ses Länder. Allons, nous réussirons à effacer ce honteux Traité
de Versailles.
Sifflotant joyeusement
une marche militaire, l’adolescent partit faire une longue promenade à travers
la campagne environnante, près de la propriété de ses grands-parents maternels.
En effet, pour les vacances de Noël et du Premier de l’An, le jeune homme
effectuait un séjour chez les Malicourt.
Franz, vêtu d’un gros
pull irlandais, d’une écharpe de laine et des chaussures de marche aux pieds,
ne craignait pas le froid. Au contraire, il le trouvait revigorant. Avançant à
grands pas dans les sentiers gelés, les joues colorées, il songeait non
seulement à ce que ce plébiscite allait changer mais également à un calcul
différentiel. Il avait des devoirs et voulait s’en sortir brillamment.
La grand-mère de
l’adolescent avait vite constaté les profonds changements survenus chez son
petit-fils préféré. La peine s’était alors emparée de son cœur. Quant à Gérald,
le grand-père, la frayeur l’avait gagné lorsqu’il avait entendu le jeune homme,
autrefois si pacifiste, proférer des paroles chargées de mépris et de haine
envers les soldats et les généraux français, coupables, selon lui, d’avoir
voulu abaisser l’Allemagne. Ses idées bellicistes en diable consistaient à
demander une revanche méritée contre la France. A l’écouter, il fallait
recommencer la Première Guerre mondiale !
Hans Werner avait plus
que réussi son travail de sape. Désormais, Franz se sentait plus Allemand que
Français et était près de renier son héritage maternel.
Mais il n’y avait pas que
cela. S’étant pris d’amour pour les armes à feu, l’adolescent s’exerçait chaque
matin à tirer sur des cibles en carton ou encore sur des pigeons d’argile.
Mathilde de Malicourt
écrivit une lettre des plus alarmantes à sa fille Amélie, et, à mots couverts,
lui recommanda fortement de surveiller les fréquentations de son fils aîné.
Elle s’inquiétait également du fait que Franz négligeait son violon, la preuve
en était qu’il n’avait pas emporté son instrument durant son séjour.
Quand notre adolescent
va-t-en-guerre ne faisait pas de longues marches à travers champs ou ne
s’exerçait pas au tir, il passait son temps cloîtré dans le grenier afin de ne
pas être dérangé à lire des livres exaltant le nationalisme allemand. Les
œuvres de Ernst Jünger comme Orage
d’acier, La Mobilisation totale, Le Travailleur n’avaient plus aucun secret
pour lui.
Franz se repaissait
d’ouvrages de qualité, certes, comme ceux de Spengler – le Déclin de l’Occident, ou encore Le IIIème Reich d’Arthur Moeller van den Bruck,

déjà anciens, ou des livres beaucoup plus douteux tels Le Mythe du XXe siècle de Rosenberg, et le fatal, l’imbuvable Mein Kampf… sans commentaire additionnel…

déjà anciens, ou des livres beaucoup plus douteux tels Le Mythe du XXe siècle de Rosenberg, et le fatal, l’imbuvable Mein Kampf… sans commentaire additionnel…
Le jeune homme alternait
littérature volkisch, blubo – c’est-à-dire une littérature
mettant en valeur le culte du sol natal et la valeur d’un sang pur ou purifié –
et des ouvrages plus classiques d’écrivains appartenant à la révolution conservatrice. Les Réprouvés, la
Ville de Ernst von Salomon

avaient ses faveurs. Mais Franz avala aussi sans dégoût les écrits plus que douteux d’Arthur Dinter, Gauleiter nazi, le Péché contre le Sang…

avaient ses faveurs. Mais Franz avala aussi sans dégoût les écrits plus que douteux d’Arthur Dinter, Gauleiter nazi, le Péché contre le Sang…
Tout l’argent de poche du
jeune comte passait donc en achat de revues politiques de quatre sous ou
presque.
Son séjour chez les
Malicourt s’achevant, Franz regagna d’abord Berlin avant de retourner en
Angleterre. Les quelques jours de sa présence dans la capitale du Reich furent
mis à profit par le jeune exalté car il alla voir des films qu’il avait ratés
lors de leur sortie en 1933. Ces reprises avaient pour titres le Jeune Hitlérien, Hans Westmar et
insistaient particulièrement sur l’engagement au côté des nazis de la jeunesse
afin de faire triompher la cause du Führer et la Nouvelle Révolution justement mise en chantier par Adolf Hitler…
Le 16 mars de cette
fatidique année 1935, le dictateur rétablit le service militaire obligatoire
dans son pays. Apprenant cette nouvelle, Franz décida de devancer l’appel dès
le prochain automne. En effet, il serait diplômé d’Oxford et pensait pouvoir
s’engager dans la Reichswehr. Inscrit à l’école des officiers, il ne
reprendrait ses études scientifiques que l’année suivante, ayant achevé ses
classes.
Les parents n’allaient
pas cacher leur colère, mais la mère, plus faible que Karl, allait vite
pardonner à son fils aîné tandis que le père choisirait de se taire…
Le 15 septembre 1935,
jour sombre parmi tant d’autres, les Lois de Nuremberg étaient publiées. Les
Juifs Allemands n’étaient plus des citoyens à part entière…
Désormais, se profilait à
l’horizon la triste Nuit de Cristal, prélude à bien d’autres horreurs.
Gustav Zimmermann, quant
à lui, était promu au rang de Oberststurmführer et arriva à Dachau en tant que
surveillant principal du camp de concentration.
Parallèlement, le 2
octobre, la guerre contre l’Ethiopie débutait mais les démocraties ne levèrent
pas le petit doigt pour empêcher le Duce de courir à la victoire.

*****
Août 1993.
Dans sa modeste chambre
d’étudiant, Antoine Fargeau devait parfaire ses connaissances sur l’histoire de
l’Europe du XXe siècle. Pour cela, il visionnait quelques documents filmés de
la décennie précédente. Après avoir vu sur son écran de télévision une séance à
la Chambre des Communes sous madame Thatcher, il regarda la prise de pouvoir en
France par le nouveau Président de la République François Mitterrand le 21 mai
1981, la déposition symbolique de trois roses sur les tombes de Victor
Schœlcher, Jean Moulin et Jean Jaurès.
Depuis le début de ce
mois d’août, Antoine se préparait intensément afin d’effectuer une mission dans
le passé. Il avait pris ses ordres de Michaël et ne désirait pas les remettre
en cause. Le Français savait qu’il allait jouer un rôle important dans la lutte
contre Johann van der Zelden. Cette explication lui suffisait amplement.
L’agent temporel, en
agissant de la sorte, avait déjà tablé sur l’échec de l’expédition de Stephen
sous la Terreur. En réalité, l’homme du futur l’escomptait bien. Cependant, il
prenait la précaution de poser les jalons qui étaient censés empêcher l’Ennemi
de déclencher une harmonique temporelle non désirée, mais au XXe siècle.
*****
Fin
de la Troisième partie