Août 1934.
Dans un wagon
transportant du charbon, le commando israélien voyageait pour une destination
encore inconnue. Ainsi, tous ses membres dissimulés aux espions de la Gestapo,
mettaient au point les derniers détails visant à changer le cours de
l’Histoire.

Le train de marchandises
se dirigeait vers la ville de Nuremberg. Parvenu à la gare, tous les wagons
commencèrent à être déchargés. Mais la dizaine d’hommes et de femmes composant
ce groupe de tueurs, oui, il fallait appeler un chat un chat, jouait de bonheur
et ne fut pas inquiétée par la police de la station. En effet, la nuit
interrompit le déchargement du train de marchandises juste à temps. Les douze
Tempsnautes se glissèrent donc à l’extérieur de la gare, telles des ombres afin
de se rendre au domicile d’un médecin juif, Simon Gartenfeld. Ce dernier, en
relation avec le mouvement sioniste, avait pris le parti de lutter contre
Hitler en restant sur le territoire allemand. Lorsque le chef du commando
israélien sonna à la porte et parvint à s’expliquer avec le médecin, Gartenfeld
accepta d’aider le groupe.
*****
L’année 1929 n’allait pas
être une année comme les autre pour les van der Zelden. Alors que l’Histoire du
monde suivait son cours, Hoover devenant Président des Etats-Unis,

Mac Donald

triomphant aux élections législatives britanniques, Poincaré démissionnant de
son poste, les Accords de Latran signés entre le Duce Mussolini et le pape Pie XI, le Plan Young concernant le
remboursement de l’Allemagne quant aux frais de guerre adopté, personne n’était
à même de soupçonner qu’un krach boursier d’une ampleur inégalée se préparait…
David van der Zelden
rayonnait de joie. Johanna avait refait chambre commune avec lui et cela avait
porté ses fruits puisque la jeune femme était enceinte. Pour remercier sa
tendre et délicate moitié, Monsieur fit preuve d’encore plus de générosité qu’à
l’accoutumée. Il offrit à Madame un splendide collier d’émeraudes valant
deux-cent-cinquante mille dollars au bas mot.
*****
Detroit, 27 Mai 1950.
Alors que dans une des rues
centrales de l’agglomération une Buick roadmaster noire

aux parechocs agressifs
et clinquants à la fois, conduite par Wladimir Belkovsky, glissait
silencieusement, du moins relativement, sur le macadam, d’une fenêtre au design tapageur, un sniper embusqué
prenait pour cible le monstre à moteur. Armé d’un fusil à lunette, le tueur
tira de sang-froid sur Wladimir. Mais, chance inattendue, il rata sa proie d’un
cheveu, bien qu’il s’acharnât sur sa victime. Les coups de feu semèrent la
panique parmi les badauds.
Comment expliquer la
maladresse dont fit preuve cet homme de main ? Un abus de vodka ? une
énorme baraka ? Le destin ? L’heure n’était peut-être pas venue pour
le musicien de passer ad patres.
A l’intérieur de
l’imposant véhicule, Wladimir n’avait pas perdu son sang-froid. Accélérant
brutalement, il augmenta la distance le séparant du sniper et de son fusil à
lunette. Le Polonais ne fut qu’éraflé et cette blessure, sans gravité, serait
vite guérie.
L’assassin émargeait au
MVD, c’est-à-dire les services secrets soviétiques.
Soudain, la scène
s’effaça et la lumière se rétablit dans le bureau de Johann van der Zelden. L’Ennemi
avait achevé le visionnage d’un film d’archives remontant aux années 1950. Humant
un cigare, il murmura avec une philosophie toute résignée :
Décidément, ces agents
soviétiques sont plus que nuls ! Dès qu’ils ne se trouvent plus sur leurs
terrains de jeu habituels, soit les pays de l’Est, ils échouent lamentablement.
A part agir en véritables bulldozers, ils se montrent d’une maladresse
navrante…
Tout en remettant en
place la bobine huit millimètres dans sa boîte, van der Zelden poursuivit ses
réflexions.
- Au fond, il me faut
l’admettre… Wladimir est un artiste… il mérite davantage de considération de ma
part… il lui faut donc une mort digne de son personnage, une fin esthétique,
musicale… Hem… Je commence à entrevoir quelque chose d’intéressant…
*****
18 Août 1929.
Otto von Möll, malgré ses
tracas domestiques, avait donné rendez-vous à Stephen Mac Garnett. Il allait
recevoir son ami archéologue chez lui, à Berlin, dans son appartement cossu,
ainsi d’ailleurs que Robert Fitzgerald York et que William O’Gready. Désormais,
le chercheur avait bien assez de place pour recevoir des invités et leur offrir
tout le confort envisageable pour l’époque.
Dix heures du soir
avaient sonné à la pendulette du salon. Les quatre hommes, malgré cette heure
relativement tardive, discutaient avec passion alors que, dans la chambre
d’enfants, la nurse surveillait le sommeil de Dietrich et d’Archibald, le petit
dernier.
Fitzgerald affichait une
humeur joyeuse, Mac Garnett apparaissait plus renfermé et pensif. O’Gready
admirait les meubles et les quelques tableaux signés Mondrian et Pissarro.

Hélas, il ne s’agissait que de copies mais de bonne facture.
- Mes amis, vous avez
traversé l’Atlantique à ma demande. Ce voyage n’a pas été effectué en vain,
croyez-moi, disait Otto en resservant une tasse de café à ses hôtes.
- Nous l’espérons bien,
souffla William qui revenait s’asseoir.
- Depuis quelques années,
l’Europe connaît la prospérité et je ne peux que m’en réjouir, reprit le
chercheur.
- Oui, tout va mieux,
acquiesça Stephen Mac Garnett.
- Désormais, l’entente
semble se faire et se construire entre mon pays et la France, proféra Otto.
- Il était temps !
Soupira York.
- Bien sûr, nous ne
devons pas oublier cette histoire des réparations…
- Tout à fait, approuva
O’Gready. Mais c’est la France qui exige trop.
- Comme d’habitude,
proféra Robert F.
- Toutefois, j’ai bon
espoir que bientôt, très bientôt, les deux parties en présences comprendront
que tout ceci appartient désormais à l’histoire et qu’il leur faut aller de
l’avant et envisager l’avenir.
- Il est vrai que la
décennie précédente nous a donné une dure leçon.
- Très sévère, insista
Mac Garnett.
- Après avoir connu
quatre ans l’horreur à l’état pur, la barbarie la plus sauvage, les hommes ont
décidé qu’il était plus que jamais nécessaire d’interdire la guerre, s’exalta
Otto qui se voulait optimiste.
- Interdire la guerre me
paraît plus qu’utopique, non ? Jeta O’Gready.
- Otto, vous semblez
également oublier ce qui se passe en URSS… Une effroyable guerre civile… et
puis, maintenant, nous ne savons pas vraiment ce qui se trame là-bas, objecta
York.
- Sans parler des
colonies, pillées par les métropoles, compléta Mac Garnett tout en finissant sa
tasse de café.
- La pacification du
Maroc est la triste illustration de ce que les puissances coloniales sont
capables de commettre comme crimes, reprit Robert.
- Justement, cher ami…
j’’envisage de fonder une association… Une association pas comme les autres.
Elle ne sera inféodée à aucun parti politique, à aucune tendance…
- C’est-à-dire ?
Questionna Stephen Mac Garnett.
- Oui, éclairez-nous
là-dessus, grommela William. Je suis curieux de voir ce que vous avez dans le
ventre…
- Hé bien, voici. Tous
les quatre, vous serez d’accord avec moi, nous disposons d’une situation bien
établie…
- Ma foi, cela est exact,
reconnut Robert.
- Il faut y rajouter le
crédit que notre entourage professionnel nous accorde, enchaîna Otto. Si nous
mettons à profit notre influence, l’association que nous fonderons pourra
peut-être aider à consolider la paix dans le monde.
- Pourquoi pas ?
Murmura l’archéologue.
- Je demande à voir,
marmonna O’Gready assez incrédule.
- Pour cette association,
j’ai pensé à ce nom : Association
scientifique et humaniste pour la défense de la paix et du droit des peuples à
l’indépendance…
- Une appellation un peu
longue, siffla le journaliste.
- L’indépendance ?
Mais de qui ? Questionna William en prenant un cigare dans un étui.
- L’indépendance des
colonies, assurément, expliqua le chercheur allemand.
- Je ne sais pas si je
peux approuver ce dernier point, dit le militaire en secouant la tête.
- Comment cela ?
S’étonna Robert.
- Pour moi, les colonies
se justifient à l’heure actuelle. Nous avons pour devoir d’éclairer ces hordes
de sauvages qui vivent en Afrique et en Asie… faire parvenir les indigènes, par
palier à notre civilisation…
- Pardonnez-moi, William,
mais vos arguments sont faux et plus qu’éculés, ricana Otto. Vous nous
ressortez là une antienne. Cependant, je m’étonne qu’en tant que citoyen
américain, vous appuyez la colonisation… cela devrait être l’inverse…
- En effet, compléta
l’archéologue. En y réfléchissant, la colonisation des Blancs, qu’a-t-elle
apporté, mis à part quelques rares travaux d’infrastructures ainsi que
l’alphabétisation et l’acculturation d’une petite minorité, comme bienfaits aux
populations asservies ? J’oubliais les campagnes de vaccination…
- Nous devons éveiller
les peuples à une idée réellement noble, au concept de l’indépendance, proféra
Otto von Möll avec passion. Tous doivent être capables d’assurer et d’assumer
la gestion et le gouvernement de leur pays.
- Bien évidemment, la
route sera longue, rajouta Robert. A moins d’une accélération de l’histoire,
d’un catalyseur… en espérant que cette poussée ne provienne ni d’une nouvelle
guerre ni de l’URSS…
- Notre avance, nous
avons la nécessité, le devoir de la partager, sans aucun frein, fit l’Allemand
en tendant à William un briquet afin qu’il allumât enfin son cigare.
- Merci, répondit
O’Gready.
- La mission
civilisatrice, certes, mais, ici, dans ce qu’elle a de plus noble, insista
l’archéologue.
- Tout à fait, mais dans
l’indépendance, répliqua Otto en souriant. Rejetons toute forme d’impérialisme…
Faisons des colonisés des amis, des égaux…
- Ma parole !
S’exclama O’Gready. Otto, ne le niez pas… vous avez été influencé par la
phraséologie communiste. Par ces satanés rouges…
- Non, mais j’ai toujours
professé des idées avancées… mon père et mon grand-père de même, contra le
chercheur.
- Ah ? Bon
sang ! Ne voyez-vous donc pas que tous ces hypocrites de communistes
hissent bien haut le drapeau du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes afin
de mieux établir un nouvel impérialisme ? Un impérialisme à leur
profit ?
- Inutile de s’emballer
ainsi et de crier, vous allez réveiller mes fils, jeta Otto. Ceci dit, j’ai
parfaitement conscience que vos propos recèlent une crainte plus que fondée.
Toutefois, je reste persuadé que, d’ici quelques années, toute l’Asie et toute
l’Afrique se soulèveront et je ne pense pas qu’elles brandiront alors la
bannière du marxisme-léninisme à la mode Lénine ou Staline…
La toute nouvelle
association eut pour elle le vent en poupe et un contexte favorable. En
septembre de cette année 1929, elle enregistra ainsi une adhésion de poids,
celle d’un jeune physicien soviétique en voyage d’études en Allemagne, membre
du Parti communiste, un dénommé Nikita Sinoïevsky.
Avant de regagner les
Etats-Unis, en guise de témoignage de son amitié et de sa reconnaissance pour
l’hospitalité dont il avait bénéficié, Stephen Mac Garnett offrit à Otto von
Möll, ayant toujours un penchant pour l’égyptologie, la copie conforme d’une
barque solaire antique, remontant à la XVIIIe dynastie.
*****
3 Juillet 1962. Dans la
soirée…
Dans son bureau du Palais
de l’Elysée, le général de Gaulle étudiait avec la plus grande attention les
documents de la valise diplomatique en provenance de l’Allemagne. Soudain, une
sonnerie retentit dans la pièce, interrompant là l’activité du Président de la
République.

Avec une certaine
irritation, le général décrocha.
- Ah… C’est vous Georges…
Qui y-a-t-il donc ? Vous savez que je déteste être dérangé ainsi…
- Pardonnez-moi, monsieur
le Président… les Algériens viennent de se prononcer. Les résultats sont
officiels. Le doute n’est plus permis. La population a voté pour l’indépendance
à une écrasante majorité.
- Bien sûr, Georges.
C’était inévitable. Il était temps que s’achève cette sale affaire.
- Dois-je réunir en
urgence le Conseil des Ministres ?
- Inutile. Je verrai le
Ministre des Affaires étrangères en particulier. Ceci dit, venez donc demain à
la première heure… nous essaierons de mettre au point un communiqué
reconnaissant la Nation algérienne comme souveraine…
*****
24 Octobre 1929. Bourse
de Wall Street. Début du krach.

La Bourse connaissait une
panique historique. Les spéculateurs, affolés, les yeux hagards, se
piétinaient, vociféraient des propos incohérents, s’injuriaient, s’arrachaient
par poignées entières leurs cheveux, désespérés, au bord de l’apoplexie ou du
suicide.
Cependant, quelques
requins, prévenus à l’avance, réchappèrent à la ruine. Quelques jours
auparavant, ils avaient anticipé le krach, revendant toutes leurs actions et
convertissant leurs avoir en or… en fait, en agissant ainsi, ils n’avaient fait
qu’accélérer la crise et éclater la bulle spéculative. Parmi ces agioteurs,
David van der Zelden, qui récupérait ses billes mais avait également des soucis
d’ordre privé, des soucis bien plus préoccupants.
En effet, la grossesse de
Johanna était plus que difficile. La jeune femme passait ses journées en
geignant, en se plaignant sans cesse de douleurs, en vomissant. Elle souffrait
de maux de tête insupportables et suffoquait la plupart du temps. Le médecin ne
garantissait pas que Madame van der Zelden fût capable d’atteindre les neuf
mois de gestation.
*****
Date indéterminée.
Confortablement installé
dans son bain, Johann van der Zelden savourait une heure de détente amplement
méritée. Mais le financier de haut vol avait une façon bien à lui de se
relaxer. Sur une table en acier chromé, à proximité de l’immense baignoire en
forme de piano à queue dans laquelle Johann baignait dans une eau
délicieusement tiède et parfumée, reposait un crâne d’Australopithèque, vieux
de quelques quatre à cinq millions d’années.
- Walter, apportez-moi ce
crâne je vous prie, murmura l’homme d’affaires à son valet de chambre.
Le domestique s’empressa
d’obéir en silence. Il tendit l’objet incongru à son maître.
- Ah ! Donnez-le-moi
donc afin que je l’examine de plus prêt.
- Voici, monsieur.
- Merci, Walter. Dire que
nous descendrions tous de là ! Cela me paraît impensable. Pourtant c’est
ce qu’affirment les paléontologues et les préhistoriens. Mais frottez-moi le
dos avec plus de vigueur Walter.
Le dénommé Walter
s’activa encore davantage.
- Holà ! Attention à
ce crâne ! S’écria Johann avec une certaine exaspération. Il ne s’agit pas
d’un moulage mais d’un fossile authentique…
- Pardon, monsieur…
Van der Zelden, toujours
accroupi dans la baignoire, alors que son domestique lui frottait le dos avec
une certaine force, tenait dans sa main droite ledit crâne tout en fronçant les
sourcils. Enfin, l’Ennemi marmonna pour lui-même.
- Hum… J’entrevois bien
une solution… l’heure est venue d’éliminer Michaël et cela d’une manière
réellement définitive. Quel empêcheur de danser en rond il est ! Le
projeter chez les homininés, les hominiens, voilà une tâche facile. Ils sont
sans doute omnivores et anthropophages. Mais le problème réside dans le fait de
le contraindre à rester à cette époque… il me faudrait faire appel à la
civilisation de Shalaryd, celle des hommes robots. Certes, cette idée me plaît…
Oui, mais je commets une erreur. Ce Michaël n’est pas un Homo Sapiens. En fait,
il n’a pas de crâne. Toute son apparence n’est qu’un leurre. Jamais je ne
pourrais tenir sa dépouille entre mes mains. Toutefois, il existe tant de
façons de mourir… Ainsi, une énergie peut s’épuiser, finir par s’éteindre si
elle n’est pas alimentée…
Johann réfléchissait sans
se préoccuper de la présence de son valet de chambre qui, pour lui, était à
peine supérieure à un meuble.
- Bien, cela suffit
Walter… Vous pouvez vous retirer. Je poursuivrai moi-même. Reprenez ce crâne,
j’en ai fini avec lui. Déposez-le dans mon fumoir sur la tablette.
- Oui, monsieur.
Walter obéit avec un
hochement de tête. Cependant, en son for intérieur, il pensait :
« J’attends toujours mon augmentation… de plus, monsieur m’a traité
d’homme robot… ».
Le valet de chambre avait
écouté plus ou moins attentivement les mystérieux propos de son maître mais il
ne les avait pas tous compris. Ainsi, il avait cru que Johann parlait de lui…
*****
17 Décembre 1929.
Magda von Möll, la veuve
de Wilhelm, effectuait quelques achats que sa fille ne pouvait faire à
l’occasion de la proximité des fêtes de Noël. La vieille femme avait demandé au
chauffeur Hans de l’attendre Wilhelmstrasse. La forte femme, déjà chargée de
paquets volumineux et encombrants, se déplaçait d’un pas hésitant et chaloupé.
Dans l’un des cartons, se trouvait, enveloppée avec le plus grand soin, une
adorable robe de soirée en mousseline couleur parme dont le corsage, tout
constellé de petits disques aux tons dégradés, formait sur le devant de la toilette
un éclair lumineux. De plus, il y avait assorti à la robe toute plissée une
veste à longues manches kimono.
Magda, dans son manteau
noir et coiffée d’un chapeau cloche à la mode, peinait sur le trottoir et sur
la chaussée, heurtant souvent des passants avec ses innombrables paquets. Dans
la rue principale, Deutsche Strasse, la baronne traversa imprudemment, hors du
passage clouté nouvellement placé, sans regarder si un véhicule ne venait pas.
Hélas, une énorme berline noire à quatre portes arrivait, moteur grondant, à
toute vitesse.
L’inévitable accident se
produisit. La malheureuse Magda se retrouva traînée sur près de cinquante
mètres par la puissante Mercedes modèle Nürburg avant que la voiture puisse
s’arrêter. Lorsque le chauffeur stoppa, c’était trop tard.
Décidément le sort
s’acharnait sur les von Möll. Quelle malédiction les frappait-il tous ?
Ce fut avec le plus grand
ménagement qu’il fallut apprendre la terrible nouvelle à Madame van der Zelden.
Sous le choc, Johanna dut s’aliter jusqu’à l’accouchement. La jeune femme
allait passer les prochains mois recluse dans sa chambre. A toute heure du jour
ou de la nuit, David craignit à la fois pour la santé de son épouse et pour ses
espoirs de paternité qu’il voyait déjà partir en fumée.
Quant à la maudite robe
de soirée, elle fut donnée à une œuvre caritative.
*****